dimanche 23 juillet 2017

Flop Gun

Il y eut des augures. Des symboles d’abord, le déplacement initial en command-car, la visite aux soldats blessés, le déplacement au Mali, toutes choses qui apparaissent désormais comme des figures imposées d’un Président de la république-chef des armées d’un pays en guerre. Hormis le command-car, François Hollande (qui voulait trancher avec les maladresses de son prédécesseur vis-à-vis des armées) avait fait de même et Emmanuel Macron y a ajouté quelques touches plus « américaines », voire « poutiniennes »,  avec ses visites « en panoplies ». Tout cela était sympathique mais restait quand même de l’écume.

Le changement de dénomination du ministère redevenu, celui « des armées », c’est-à-dire celui de l’outil mais plus celui de l’emploi fut un indice plus sérieux. Trois types de personnalités ont occupé traditionnellement ce poste : les ambitieux frustrés, les fortes personnalités sans ambition présidentielle et les purs techniciens. Avec le remplacement de Jean Yves Le Drian par Sylvie Goulard et surtout Florence Parly, on glissait de la seconde à la troisième catégorie sans le poids politique du premier mais sans non plus l’appétence et la connaissance de la chose militaire qu’avait pu avoir un André Giraud dans les années 1980. Surtout, la capacité de résistance de ministère se trouvait volontairement affaiblie.

S’il ne faut pas négliger le chef d’état-major particulier ou le délégué général de l’armement (DGA), qui vient de quitter ses fonctions sans avoir encore été remplacé, le troisième personnage important du triangle plus ou moins amoureux de la politique de défense est le chef d’état-major des armées (CEMA). Là encore, on a connu plusieurs personnalités sur le poste : les techniciens sans grands pouvoirs sous de Gaulle ou les opérationnels aux pouvoirs successivement élargis par six décrets. Avec celui de 2009, le CEMA, outre le commandement des opérations militaires, conseillait le gouvernement, assurait les relations internationales militaires, définissait les besoins des armées et en contrôlait la satisfaction. Il conduisait également les travaux de planification et de programmation. Tant de pouvoirs effraya sans doute. Nicolas Sarkozy contourna le problème d’un CEMA trop fort en nommant l’amiral Guillaud. Avec François Hollande et au nom du « recentrage sur le cœur de métier », on dépouilla le CEMA de la plupart de ses prérogatives qui furent confiées au ministre, un ami qui ne pouvait constituer un danger politique. Dans ce cadre restreint, on pouvait donc nommer un homme de personnalité, ce qui fut le cas avec le général Pierre de Villiers en 2014.  Tant que la direction civile du ministère fut forte (et écoutée du Président de la République), cela a permis au moins, dans une alliance entre le CEMA et le ministre, de résister aux assauts réguliers de Bercy. Rappelons l’épisode, qui paraît désormais si lointain, de mai 2014 lorsque le ministre (oui, c'est incroyable), le CEMA et les trois chefs d’état-major d’armées menacèrent ensemble de démissionner.

Le problème de cette configuration est qu’elle dépendait trop de la personnalité de Le Drian et de son chef de cabinet Cedric Lewandowski, ce dernier aussi peu apprécié des militaires que de Bercy. Lorsque ceux-ci ont été écartés et remplacés par un poids plume politique, le CEMA s’est retrouvé seul en ligne et avec des pouvoirs réduits. L’occasion était trop belle alors que Bercy prédominait jusqu’au secrétariat-général de l’Elysée, occupé par Alexis Kohler, ex-directeur de cabinet du ministère de l'économie et ex-vaincu des affrontements précédents. L’assaut fut mené très vite, plaçant le Président de la République, qui venait juste de reconduire le général de Villiers pour un an en lui donnant des assurances, devant le choix de trahir le CEMA ou d’arbitrer en sa faveur. Il a choisi de trahir sa parole et, c'est le plus surprenant, en ne comprenant visiblement pas ce qui allait suivre.

Le général de Villiers s’est toujours légitimement préoccupé des moyens qui lui étaient accordés pour exécuter les missions dont il avait la responsabilité. Comme il en a le droit (faut-il rappeler une nouvelle fois que l’autorisation préalable à l’expression publique des militaires a été supprimée il y a douze ans ?) et même parfois le devoir puisque le Code de discipline générale impose aux militaires de « rendre compte immédiatement » lorsqu’ils constatent que l’on n’a pas les moyens d’accomplir une mission, le général de Villiers s’est exprimé plusieurs fois pour expliquer la situation déplorable dans laquelle se trouvent les armées. Comme nous sommes au XXIe siècle et qu’il sait qu'un rapport de forces est le meilleur moyen de faire pencher un pouvoir politique, il a également utilisé les instruments d’influence à sa disposition et qui ne se trouvent que dans l’espace du débat public.

Ajoutons par ailleurs que le général de Villiers a toujours clairement expliqué qu’il ne voulait pas être considéré comme le « fossoyeur des armées » et que, n’attendant rien au-delà de ce poste, on ne pouvait le tenir de cette façon. Il est toujours dangereux de trahir et d'humilier des gens qui n'ont rien à perdre.

Tout cela était bien connu. On reste donc sidéré par la maladresse de la séquence qui a suivi.

La perspective de la démission était donc évidente (et même sans doute annoncée) du moment que, contre toute promesse et attente, on décidait d’accentuer encore la crise des armées. Elle le fut encore plus lorsque l’humiliation s’est ajoutée à la trahison de la parole donnée. Difficile de faire plus maladroit à l’égard des militaires que le discours d’Emmanuel Macron le 13 juillet, démontrant qu’il ne suffit pas d’endosser une tenue militaire pour comprendre ce que cela signifie concrètement. Entre l’affirmation inutile d’autorité, l’humiliation du premier des soldats...devant des soldats et l’ordre de fermer sa gueule tout manquait de classe et d'intelligence de situation. Ce n’est pas ensuite l’affirmation des promesses sur le budget de l’an prochain qui a vraiment arrangé les choses, en exposant à la fois qu’il n’y aurait pas d’augmentation significative par rapport à celle prévue par la loi de programmation (encore heureux que l’on applique la loi), que le prochain budget des opérations serait à nouveau largement sous-provisionné (avec donc à la clé au milieu de 2018 le même psychodrame) et, qui plus est, que ce budget serait désormais adossé à celui des armées, en contradiction donc avec le programme du candidat Macron. Après la diminution du budget en cours, c’était donc un nouveau coup porté aux pieds des promesses de réinvestissement.

Dès lors, la démission du général de Villiers était inévitable et les militaires ont spontanément fait en sorte qu’elle soit le plus spectaculaire possible dans les médias. La contre-offensive habituelle est venue, mélange un peu kitsch d’antimilitarisme, d’évocation (si, si !) du putsch de 1961 et des « armes qui cèdent à la toge » (comme si cela avait été la question à un seul moment), jouant même la carte de « cause de la fachosphère » ou des « fonctionnaires empêchant la France de se réformer ». Tout cela restait manquait quand même de force et de cohérence, sinon évidemment d’intelligence. Cela a surtout suscité un malaise parmi certains parlementaires (vous savez, ceux qui depuis l’origine votent les budgets, et qui, pour cela, de temps en temps, auditionnent qui ils veulent en leur demandant de parler librement), plus largement chez tous ceux qui s’intéressent un minimum à notre armée et à sa situation y compris dans les rangs de la majorité, et plus largement encore parmi tous ceux qui ne comprendront décidément jamais pourquoi dans un monde plus dangereux il faut absolument réduire les moyens des ministères qui assurent la sécurité des Français.

Le discours du Président à Istres, est resté finalement le même que celui du 13 juillet, promesses inclues, l’hommage au général de Villiers remplaçant l’insulte à peine voilée, mais avec l’ajout de la non acceptation des « discours de défaite » (dont on ne sait pas très bien de quoi il s’agit). Malgré une nouvelle parade en tenue et surtout la nomination d’un nouveau CEMA aux brillants états de service, la confiance était clairement rompue et il faudra beaucoup de temps et surtout d’actes concrets pour la renouer. Il faudra d’autant plus de temps qu’une nouvelle charge, probablement la plus stupide de toutes, est venue dès le lendemain avec l’interview de Christophe Castaner dans Le Figaro, cherchant peut-être à transformer un fiasco en démonstration ratée d’autorité et en menace pour les éventuels haut-fonctionnaires rétifs. Les derniers sondages de popularité ne semblent pas montrer en tout cas que cela n'a pas été perçu comme tel.

Au bilan, une séquence d’une incroyable maladresse et qui, au lieu de modernité cool, paraît ramener les rapports entre le politique et les militaires des dizaines d’années en arrière. Si, pour reprendre les propos d’Emmanuel Macron, c’est le « sens de la réserve qui a tenu nos armées où elles sont aujourd'hui » (phrase un peu étrange quand même), on voit effectivement où cela mène lorsqu’on ferme sa gueule. A bientôt donc pour de nouveaux « discours de défaite ». 

43 commentaires:

  1. Trois phrases:
    Un, c'est toujours aussi clair et aussi bien écrit et on espère que ce sera lu (et bien compris) par le plus grand nombre.
    Deux, faire peser des menaces ouvertes ou voilées sur l'expression techniques des militaires auprès de la représentation parlementaire c'est indigne de l'exécutif qui doit, au contraire, garantir cette liberté qui seule permet aux parlementaires de voter de façon éclairée (ou presque) les lois fixant notre politique de défense.
    Trois, la notion de huis clos semble ne pas être bien comprise par les parlementaires qui ont - volontairement ou involontairement - initié par des bavardages inconsidérés la séquence lamentable à laquelle nous avons assisté ces derniers jours; il faudrait peut-être placarder "Merci de penser à la fermer quand vous ressortez de cette commission" sur la face interne des portes?
    Je parle des portes, bien entendu, "huis clos" signifiant "porte fermée" en français ancien.

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  2. Clair, net et précis, comme d'habitude !

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  3. Analyse pertinente , parfaitement exprimée et totalement partagée.
    JMB

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  4. Très bon article, mesuré, pas une once d'acrimonie ou de polémique et n'en rajoutant pas sur l'amateurisme du chef des armées (Ce qui est quand même un peu préoccupant) que nous saluons par ailleurs dans l'exercice de la calinothérapie Cela étant quand on s’arrête à donner du pain et des jeux on a vite fait de se retrouver à Constantinople.

    Faut pas oublier l'épée

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  5. Excellente analyse ; tout est dit de manière claire et posée.
    Je vous lis pour la première fois et c'est avec plaisir et intérêt.

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  6. Qu'est ce que c'est que cette histoire de huis clos ?! Ce n'est pas une réunion ouverte aux journalistes, mais comme toutes les réunions de ce type, un verbatim des échanges sera publié sur le site de l'AN.
    Il n'y a absolument rien de secret, et il n'y avait pas de secret des échanges.

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    1. le compte rendu (non encore publié à ce jour) est effectivement le seul document faisant foi de ce qui a été dit devant la commission, document validé par le président de la dite commission. Gageons que les propos du CEMA tels que rapportés par certains n'y figureront pas. Et donc, il y a un ou des députés qui feraient effectivement mieux de la fermer.

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  7. Mon colonel, totalement d'accord sur la forme et fond de votre article. Je ne commenterais pas plus, car tout a été dit et bien dit par tous les précédents commentateurs.

    Avez vous pensé à en envoyer le double à notre Président, ainsi qu'a son pitt-bull dénommé Castaner ?

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  8. Bonsoir ,

    Le général Pierre de Villiers peut aussi compter sur les soutiens des camarades Mélenchon et Corbière de LFI ! Si ! Si !
    Ne vous offusquez pas de cette remarque mon colonel ainsi que les lecteurs de passage .
    Le général de Villiers peut ainsi avoir un avenir politique et pas au sein de la " fachosphère " comme le général Piquemal .
    Il suffit qu'il fasse comme l'ex CEMA Espagnol , le général José Julio Rodriguez , lui aussi en délicatesses avec son premier ministre : Rallier la gauche radicale Mélenchonienne de LFI commeJosé Julio Rodriguez a rallié ...PODEMOS !

    Daniel BESSON

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    1. euh je le verrais plutot à droite mais enfin ... nous serions honoré de l'accueillir à sens commun par exemple

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  9. Ce qui est encore plus dramatique dans cette affaire déjà tragique est que notre Président et Castaner démontrent une méconnaissance totale de la hiérarchie alors qu'ils veulent appliquer une gouvernance "verticale".
    Ayant passé toute une vie dans l'entreprise, loin des militaires, chez nous aussi le Président n'humilie pas le Directeur Général et les autres dirigeants en public.
    On peut être naturellement autoritaire mais il faut savoir se contrôler pour diriger intelligemment et s'assurer la coopération de son personnel.
    La première qualité d'un "chef", qu'il soit militaire ou civil, est d'abord de respecter ses subordonnés.
    Notre Président montre qu'il n'a aucune expérience de dirigeant d'entreprise dont il se veut pourtant le représentant.
    Au delà du Général de Villiers et de l'Armée nous sommes tous concernés, nous sommes tous humiliés.

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    1. C'est en effet une attitude typique d'un petit contremaître fouettard comme même l'industrie n'en compte plus guère, cette dernière ayant eu tout le loisir de constater que ce n'était même pas efficace pour gérer des gens en bas de l'échelle... Alors s'y essayer en haut, c'est difficile à qualifier en restant convenable...
      Mener des hommes réclame des qualités comparables dans l'armée et le civil, le risque physique n'étant juste pas la norme dans le second cas.
      Macron atteint d'erdoganisme comme certains l'ont pointé? Ou plus plus commune atteinte de son niveau d'incompétence de Peter?
      Cette élection fut sans doute une surprise pour lui même tant l'alignement des planètes fut surprenant:

      Un retour de fronde pour le candidat ayant résulté des primaires à gauche, l'affairisme familial coulant celui sorti de celles de droite... pour finir par le fille Le Pen étalant en direct sa crasse médiocrité: Macron ayant d'ailleurs a cette occasion su rester plus calme, au passage, il en serait donc capable dès lors qu'il n'y a pas de lien de subordination...

      Et s'il n'avait pas vraiment pensé être élu (visant plutôt la prochaine, avec le temps de construire son parti), juste être le caillou ubiquite dans les chaussures droite et gauche certain d'être de nouveau ministre qqsoit le vainqueur?

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    2. "C'est en effet une attitude typique d'un petit contremaître fouettard comme même l'industrie n'en compte plus guère"

      Désolé mais ayant travaillé dans le public et dans le privé j'ai croisé beaucoup trop de responsables de services qui correspondent à cette description... Hélas...

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    3. @ Cardinal

      Notre "Jupiter" même en matière de management d'entreprise, son expérience se limite seulement à celle d'un banquier d'affaires. A savoir négocier des rachats qui souvent donne suite à des dépeçages, au final ce n'est fréquemment que du Bernard Tapie en plus classe et légal !

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  10. <Tout comme Tintin nous avons eu droit a Micron aviateur,Micron sous marinier etc etc etc ça amuse les petits enfants les uniformes, mais l'habit ne fait pas le moine et le temps des incantations et de l'invective est terminé et la baudruche révèle sa vraie nature pour ceux qui ne l'avait pas vu avant ,digne fils de Hollande on ne pouvait espèrer mieux à défaut du pire

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  11. Ma question, porte sur le rôle anticipé de l'Europe de la défense qui semble quand même être un axe fort de la présidence, qui a été discuté avec Mme Merkel, alors que les journaux Allemands et Italiens généralistes nous suggèrent qu'il faudra que l'Allemagne et l'Italie mettent la main à la poche pour financer la dissuasion française, avec un retour sur investissement en terme d'indépendance aux EU... Je veux bien qu'ailleurs en Europe on sache aussi jouer sur les sentiments et les finances des électeurs et sonder la population à coup de suggestion, mais, si c'était effectivement cet axe qui était suivi - le coeur de ma question - alors le désaccord entre la présidence et M.Villiers pourrait porter sur des objectifs politiques plus que sur une question de moyens. Ca reste une question, à la lueur des déclarations des uns et des autres, mais je n'ai pas de boule de cristal pour prévoir ce qui sera effectivement fait.

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  12. La loyauté s'exerce pour certains dans les deux sens d'une hiérarchie verticale. Si c'est une route à sens unique du haut vers le bas c'est un asservissement. Dans cette affaire, le président et son porte-parole ont manqué de loyauté et aussi d'éthique, de retenue, et d'exemplarité. Hélas, certains "petits chefs" d'autres secteurs verront cela comme modèle. Car malgré cette bourde monumentale dans l'attitude, cela aura un effet modélisant.

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    1. @ Anonyme24 juillet 2017 à 09:43

      Totalement d'accord sur les "vertus pédagogiques" que ne manquera pas d'induire ce modèle Présidentielle, et cela dans tous les secteurs et pas que militaires. On fait un saut de quasi un demi-siècle en arrière : retour au management dit de défiance !..

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  13. très bon article michel : clair, net et au dessus de la mélée

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  14. C'est une bonne analyse, mais pour des raisons bien françaises (Grands Corps de l'Etat, manque de réformes) l'incompréhension entre militaires et politiques va s'accroître. L'apparence est trompeuse, les politiques (Bercy) ont l'avantage.

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  15. A moins que tout çà ne soit tout à fait prémédité pour diviser l'institution en discréditant leurs chefs privés de pouvoir...

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  16. A contre-courant des commentaires de ce fil de dial et de l'article, on peut dire que le CEMA n'a pas non plus été vraiment à la hauteur de sa fonction.

    La contrainte budgétaire pour 2017 est plus forte que ce qui a été anticipé. Le président Macron, certes confortablement élu sur le papier, n'a ni état de grâce, ni socle politique ferme. Il avait en réalité besoin de l'aide du CEMA pour faire passer la pilule des coupes budgétaires auprès de l'armée et de l'opinion publique.

    Au lieu de cela, le CEMA lui a volé dans les plumes et a déclenché un psychodrame en commission défense (rappelons que le président de la commission est un proche de Macron). Le Prèz n'avait alors guère plus le choix: soit il laissait le CEMA raconter à qui veut l'entendre que la promesse d'augmenter le budget de la défense était un mensonge électoral, un de plus - puisque c'est cela que ça voulait dire - soit il le virait.

    Bonne pomme, le Prèz a offert au bouillant général une autre solution: un rendez-vous de tentative de conciliation. Mais, sans attendre, le CEMA lui a coupé l'herbe sous le pied et, dans un dernier camouflet, lui a collé sa démission en travers de la gueule, puis, sans désemparer, a confié à la France entière via sa page Facebook ses états d'âmes de grand soldat se posant en seul garant de la défense nationale (ah oui? Et le président, c'est de la merde?).

    Et pour finir, il s'est organisé une cérémonie de départ sous les vivas de la foule.

    Moralité: il a fait quoi, le CEMA, à part nous faire un traditionnel numéro de diva qui se croit seule investie du devoir de représenter la France et son armée? Ben pas grand-chose: non content de ne pas aider son chef et son gouvernement, ce qui était après tout son droit le plus strict, mais il aurait alors fallu démissionner avant de déclencher ce psychodrame, il s'est au contraire employé à leur nuire de façon déloyale.

    Il a mis son chef et son gouvernement en difficulté alors que l'exécutif se voit obligé d'imposer des coupes budgétaires cruelles en raison de la situation budgétaire obérée laissée par le gouvernement précédent, qui a fait adopter une loi de finance "insincère", dixit la cour des comptes. Tout vient de là et cette situation, elle s'impose qu'on le veuille ou non.

    En réalité, notre héros, il s'est démerdé pour avoir le beau rôle. Il a joué sa vierge outragée et il s'est barré. Il a fait son enfant hystérique et maintenant, les adultes doivent essuyer la merde.


    Voilà ce qu'on peut dire si on prend le contrepied de l'esprit général sur ce blog et dans le milieu mili.

    Aujourd'hui ce type est le héros. Dans un mois il sera oublié et quand les Français auront à payer leurs impôts, on ne manquera pas, alors, de leur rappeler que le général voulait qu'ils en payent plus. J'ignore s'il restera longtemps un héros dans l'esprit du public.

    Vous avez sans doute vu que les contraintes budgétaires obligent le gouvernement à tailler dans les APL et vous voyez sans doute ce que ça donne dans l'opinion publique: la levée de boucliers, quoi d'autre?

    Quand il s'agit d'encenser les héros, on est tous d'accord. Quand il s'agit de payer, là, ce n'est plus la même danse. Que le général profite bien de cet état de grâce qu'il s'est offert à peu de frais au détriment du gouvernement et du président. Et bon vent.

    Il va de soi que j'attends, comme nous tous, le livre qu'il ne manquera pas d'écrire et qui sera peut-être préfacé par Soubelet.

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    1. Bof. Le Macron savait très bien à quoi s'en tenir concernant les coupes dans les budgets, vu les commandes politiques et affairistes auxquelles il obéit. Donc il savait très bien qu'il allait sabrer dans la Défense. L'ancien gouvernement (dont il a fait partie, au passage, à un poste qui ne lui permettait pas d'ignorer l'insincérité de la loi de finances, vu qu'il en était le maître) a bon dos (comme pour les 5€ des APL, c'est pô de sa faute non mais). On se demande donc juste pourquoi il a menti comme un arracheur de dents. Pour séduire les militaires ?

      Et après ces mêmes militaires auxquels on a sciemment menti, ils devraient le protéger. Sans blague...

      Contrairement à ce que vous pensez, l'investissement (dans les ponts, l'armée, l'école, les crèches, le social, la santé...), ça revient directement dans l'économie, sous forme d'impôts (et donc de dépenses, sauf si ça va dans le remboursement des dettes - mauvaise idée) et de consommation - et donc d'emplois. L'impôt est un facteur de croissance, regardez de quoi est fait le PIB français.

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    2. Bonjour Charles bien d'accord avec votre premier paragraphe ,c'est exactement ça ,par contre vous confondez investissement productifs et dépenses ,c'est le Keynèsianisme pur et dur qui nous a mis dans la panade pour un bon moment encore , surtout si ces dépenses sont faites à crédit (ce qui est le cas) et en grande partie pour des biens importés (,ces achats faisant le bonheur de la chine en grande partie) dépenser c'est détruire de la richesse,seule l'épargne permet les investissements productifs,ce n'est pas le but du blog de développer ces sujets alors lisez Maurice Allais.Pour finir la vraie mauvaise idée serait de se serrer la ceinture pour le compte des banques ,comme le fait la Grèce avec le traitre du peuple Tsipras et c'est ce que micron et ses affidés et patrons veut nous imposer,comprenez enfin une chose ces gens là n'en ont (passez moi l'expression )rien à foutre de la France et d'un pays en particulier ,ils sont apatrides financiers et leur bac a sable est la planète entière.Bien cordialement

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    3. @Charles,

      Le fait de savoir qu'il existe un gap budgétaire n'implique pas deux choses:

      - Savoir quelle est exactement son ampleur
      - Savoir comment le surmonter

      Macron savait peut-être qu'il y aurait une crise budgétaire en 2017 dès 2015 ou 2016. C'est possible. En tout cas, vu l'état des finances publiques, il aurait été raisonnable qu'il s'y prépare, car cette crise était prévisible.

      Mais, cela n'implique pas qu'il ait pris la mesure de la hauteur de la falaise et qu'il ait su comment l'escalader: quand on n'a pas le budget, ben on n'a pas le budget. On a beau le savoir, ça n'y change rien.

      Maintenant, on peut toujours lui reprocher d'avoir fait aux militaires des promesses qu'il savait ne pas pouvoir tenir. Mais à l'examen, on se rend compte que sur ce plan, il a été prudent, c'est-à-dire suffisamment vague pour ne pas prendre d'engagement de campagne trop contraignants pour la suite, mais suffisamment précis pour que les destinataires des promesses comprennent qu'il a un objectif d'augmentation de la dépense militaire, sur le moyen terme de son mandat.

      On en est juste là: il n'a pas promis des ponts d'or, il a juste dit qu'on va se rapprocher tendanciellement des 2%, sans préciser qu'au milieu de la route il y aurait un gros trou. Et on y est.

      Somme toute, ce genre de promesses est assez classique de la part d'un politique qui brigue les suffrages. On est vraiment dans la routine du jeu électoral, étant précisé par ailleurs que l'année 2017 est en pratique le dernier exercice budgétaire de la mandature précédente et qu'il faut faire avec une loi de finance qui a été conçue et votée par le gouvernement et le parlement précédent et que ce budget a été qualifié d'insincère (sens comptable = surévaluation des recettes, sous-évaluation des dépenses). Donc un bâton de merde.

      Cette situation budgétaire, elle s'impose à tout le monde: vous, moi, notre voisin, sa concierge, le général, le Prèz, le premier ministre, etc, que ça plaise ou non.

      Le général avait le choix: soit il se comportait en partenaire fiable et aidait son chef à surmonter l'épreuve, soit il lui collait sa dèm en laissant son chef se démerder avec le bâton de merde.

      Je ne vous dis donc pas que de Villiers devait aider le Prèz, je vous dis juste qu'il avait un choix à faire, pour rester un partenaire fiable. Et il n'a pas fait ce choix.

      Sinon, abstenez vous de me prêter telle ou telle pensée sur l'effet keynésien de la dépense publique, car je n'ai pas évoqué le sujet. Il n'entre d'ailleurs pas en ligne de compte dans le cas présent.

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    4. Le rôle du CEMA n'est pas de couvrir le président ni de se charger de "faire passer la pilule" comme vous le dites mais de s'assurer de la cohérence du modèle d'armée et des budgets en regard des missions confiées ainsi que de la sécurité de la France. Rien de cela ne correspondant selon lui au projet du président Macron il a démissionné. Votre discours réduit les hauts fonctionnaires au rang des politiciens peuplant les cabinets, ce qui ne doit pas être le cas, tout particulièrement s'agissant des militaires (ce qui leur vaut d'ailleurs des restrictions en matière politique). Cette pitoyable défense d'un comportement odieux tant sur le fond (trahison des promesses) que sur la forme (teneur du discours tenu lors de la réception au MINDEF pour le 14 juillet)est une insulte à l’honnêteté et la droiture. Le général de Villiers aurait donc du mentir aux parlementaires? Ou après avoir critiqué ce budget comme contraire aux intérêts de la France et incompatibles avec les missions confiées aurait-il du affirmer le contraire à ses subordonnés?

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    5. de Villiers était un partenaire fiable...puisqu'il venait d'être prolongé pour un an.Macron a certainement considéré qu'il tenait le bonhomme et qu'il pouvait l'humilier le soir du 13 juillet devant des représentants de l'armée française et un général américain.Comme par hasard de Villiers a suivi l'exemple du CEMAT Cuche morigéné en public lors de l'accident de Carcassonne.Deux officiers de cavalerie à cheval.... aussi sur des principes indispensables et qui ont prouvé leur professionnalisme lors de l'affaire du Kosovo.Professionnalisme que les représentants de LREM ,y compris leur caudillo,ont encore à acquérir.Le plus vite sera le mieux pour notre pays et pour notre patrie comme ledisent les milis

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    6. @ Unknown et Anonyme,

      Il ne s'agissait pas de "couvrir" le président ni de "mentir" (on n'est pas en train de parler d'un crime, là), il s'agissait de l'aider à expliquer à l'opinion publique et à l'armée qu'avant de passer à la phase d'augmentation des dépenses militaires, il fallait passer par un "creux budgétaire"durant lequel, faute de mieux, les budgets d'équipement et opex seraient sollicités, alors que c'est précisément le point sensible de la défense actuellement.

      Maintenant, c'est vrai, il appartenait au CEMA de décider s'il allait le faire, ou non. Un CEMA, comme n'importe qui d'ailleurs, reste libre de ses choix, en conscience.

      Le problème est qu'il a choisi de ne pas aider le Prèz de la plus mauvaise façon: en faisant un scandale, comme s'il était une personnalité politique, ce qu'il n'est pas.

      Au moment où il a été renouvelé dans ses fonctions, on commençait à avoir une vision assez nette du gap budgétaire vers lequel on se dirigeait: c'est peut-être à ce moment-là, ou un peu plus tard, quand les résultats de l'audit financier des comptes publics ont permis de fixer des chiffres plus précis, que le CEMA aurait du dire à son chef qu'il n'était pas l'homme de la situation et qu'il préférait quitter son poste, parce que sa conscience lui dictait de s'opposer devant les parlementaires aux inévitables coupes budgétaires, ce qui ne pouvait que provoquer une crise politique, ce qui ne profite à personne.

      Là, il aurait été dans le bon timing.

      Comprenez bien ce que je dis: il n'avait que ce devoir de loyauté. Pour le reste, il était libre et, à titre personnel, je comprends et respecte les raisons pour lesquelles il a démissionné.

      Rétrospectivement, on se rend donc compte que ce n'était pas l'homme qu'il fallait au poste qu'il fallait, au moment qu'il fallait. Macron a commis une erreur de casting en le renouvelant dans ses fonctions. Il a dû espérer que ce général mettrait au service de la nécessaire pédagogie budgétaire son poids moral et son autorité, afin d'appuyer la politique du gouvernement, puisque, je vous le rappelle, la politique budgétaire relève du gouvernement: on se focalise sur le Prèz, mais on oublie qu'il est monté au créneau pour appuyer son gouvernement, alors que l'armée s'engageait dans une fronde menée par son plus haut gradé.

      N'oubliez pas cela: vous avez tendance à personnaliser le conflit en croyant qu'il est exclusivement une affaire d'hommes opposant un Macron, jeune péteux inexpérimenté, à un de Villiers, vieux grognard droit dans ses bottes.

      Non, c'est pas que ça. Cette affaire, c'est aussi l'histoire d'un chef d'état major qui s'oppose à la politique de son gouvernement. Et ledit gouvernement ne fait qu'exécuter une loi de finances régulièrement votée par le parlement, sous une précédente mandature d'ailleurs, ce qui ne lui laisse guère de marges de manœuvre.

      Je comprends que vous ayez Macron dans le pif, mais prenez bien garde à ne pas développer un esprit de sédition contre les institutions de la république, car ça ne passera pas auprès de vos concitoyens, et vous risquez de réanimer d'anciennes querelles à propos de l'armée et tout cela se retournera contre vous, au moment où la France a besoin de son armée pour la défendre.

      On est tous d'accord pour faire de De Villiers le héros du jour, mais n'allez pas vous lancer dans des aventures qui vous conduiraient à vous comporter comme des séditieux.

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    7. Séditieux ,comme vous y allez!!!Il y a un gap dans le timing de votre casting.La particularité d'un chef militaire est d'avoir, dans sa formation initiale,vécu la vie du marin , aviateur ou soldat de base.C'est cela qui fait une énorme différence avec la haute fonction publique.Le directeur du Trésor n'a jamais été contrôleur des impôts et le directeur de l'Administration Pénitentiaire n'a jamais été maton.Le CEMAT a été bidasse et, qu'on le veuille ou non, il joue le rôle d'un responsable syndicaliste d'une troupe qu'il envoie tuer et se faire tuer .Encore faudrait-il qu'il puisse compter sur l'octroi de matériels adaptés ,de la douche de campagne au missile nucléaire.Lors des tournées des popotes c'est vers lui que se dirigent les récriminations et un chef militaire ne se réfugie pas derrière un débat au parlement.Il assume.Parfois cela se termine par des cercueils dans la cour des Invalides.Dans leurs beaux uniformes les chefs qui sont présents ont à l'esprit les blindages insuffisants, les couvertures aériennes réduites, les créneaux d'instruction rabotés et ils ferment leurs gueules jusqu'à un certain point de non retour.Tiens un hélicoptére Tigre vient de s'écraser au Mali avec un équipage allemand.Voilà les vrais héros du jour.

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    8. @tschok
      Je suis assez d'accord avec vous. Opinion très minoritaire sur les blogs en ce moment j'ai l'impression...
      Qu'un homme de son expérience, ayant déjà du affronter des situations budgétaires bien pires, parte en faisant autant de bruit et de mise en scène, cela m'a frappé. Si il avait été question d'une opération militaire que on lui demandait de faire alors que cela lui semblait être dangereux pour ses hommes ou absurde, j'aurai compris. Mais pour un décalage de 5% du budget d'investissement de quelques mois (les dossiers importants glisseront sur le première semestre 2018, c'est tout), je ne comprends pas.

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    9. @tschok
      Votre prose est battue en brèche par l'article du Figaro du jours (31 juillet). Le "sort" du Général se serait joué dès le 12 matin, en début de matinée, lors du conseil restreint, bref AVANT cette fameuse audition à huis clos qui défraye la chronique. PARLY et LE DRIAND y ont exprimé leurs désaccord soutenu par le CEMA. Mais c'est Alexis KOEHLER qui n'a pas aimé.....Ombre du PR (ou âme damnée?), il a eu la tête du CEMA. Tout le reste ne fût qu'habillage et communication.

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    10. Dans ce cas, même la prose de notre hôte devient futile.

      Et, à propos, si on joue au jeu de qui est le mieux informé, je vous signale que de Villier était CEMA sous le précédent quinquennat.

      C'est bien beau de reprocher aux seuls politiques d'être les mieux informés, mais le CEMA, dans l'affaire, c'est le mari cocu? Le dernier averti?

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    11. Le rôle d'un CEMA n'est pas d'aider un président à faire passer des pilules budgétaires.
      c'est de conduire les armées aux ordres du président, c'est aussi de s'assurer que ces hommes soient engagés dans de bonnes conditions, n'oublions pas que ces hommes meurent malheureusement trop régulièrement, car la guerre tue. Il est dit que les intérêts des militaires sont défendus par leur chefs militaires, merci à notre ancien CEMA de ne pas l'avoir oublié. On a déjà entendu: On ferme sa gueule (quand tous les autres se répandent régulièrement dans la presse. Il a donc démissionné parce que des députés n'ont pas fermé la leur. Ce qui est réconfortant c'est que les Français ne s'y sont pas trompés.

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  17. Très bonne analyse, merci!

    Je dois admettre que je suis très déçu des arbitrages budgétaires après les grandes envolées de la présidentiell sur la sanctuarisation du budget de la défense, les 2% etc...

    J'aurais dû me rappeler des paroles de Charles Pasqua: Les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient....

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  18. Tapez Macron Psychiatre sur YOU TUBE, vous saurez tout sur la personnalité du psychopathe victime de Bibi. Pas étonnant qu'il parade en uniforme, les malades psy adorent ça. Macron est né en 1970, le service militaire a été supprimé en 1996. Il aurait donc dû faire son service militaire. A SAUMUR dans ma promo EOR il y avait beaucoup d'ENArques (et autres grandes écoles). Il serait intéressant de récupérer son dossier des trois jours et voir par quelles magouilles il a échappé au service national. Le mieux qu'il y ait à faire est de le laisser parader en se foutant de sa gueule.

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    1. Il n'est pas de 1970, mais de 1977.

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    2. Et ce sont ceux nés à partir de 1978 qui n'ont plus fait leur service.

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  19. Votre scénario est intéressant, mais ne colle pas car Macron est né en 1977, donc pas de possibilité de service national pour lui !

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    1. Je suis né en 1978 et j'ai été appelé à faire mes classes.

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  20. Dans le contexte actuel quel pourra être le rôle et le pouvoir du nouveau CEMA si ce n'est le petit doigt sur la couture du pantalon autrement dit qu'il ne servira à rien, comment a-t-il pu accepter ce poste en sachant qu'il n'aura que le devoir de la fermer.

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  21. bonjour Claude Deplan ,il suffit de voir son parcours pour comprendre et l'attaque du pont de verbanja sur ce même blog a laquelle il a participé je crois en tant que capitaine et surtout l'intense préparation qui a eu lieu avant pour la réussite " de cette opération

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  22. Le politique doit commander le militaire. Et en général, je regrette que la réaction spontanée de l'opinion ( du moins autour de moi, des personnes de sensibilité macronistes ou plus a gauche) ne va pas au delà de cette idée dans cette affaire car la chose militaire reste tabou dans la société, donc peu connue.
    J'apprécie pour cela beaucoup les articles de votre blog dont j'ignorais jusqu'à présent son existence.

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  23. Bonjour,

    Je découvre les articles de votre blog et je vous suis reconnaissant de son existence. La chose militaire reste encore tabou dans la société et il ne faut pas s'étonner que dans cette affaire que celle-ci ne cherche pas à aller au dela de cette idée : le militaire doit rester subordonné au décideur politique. Du moins ce sont les propos le plus courants entendus autour de moi. D'ailleurs, lorsqu'ils votent les électeurs ignorant la chose militaire ne valorisent pas du coup l'expérience militaire de leur dirigeant.

    Albert Guillot

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